« Cher pays de notre enfance »
Les 28e rendez-vous de l’Histoire de Blois sont consacrés à la France. Le moins que l’on puisse dire est que ce sujet est vaste. Toutefois le point d’interrogation malicieusement placé à la fin du thème invite à se demander de quel objet on parle exactement. S’agit-il d’une France « éternelle » et sans doute un peu fantasmée ou de la France mondialisée du XXIe siècle ? De la fille aînée de l’Église ou de la patrie des révolutions ? De la France des clochers ou de celle des cités ? De la France du général ou de celle du maréchal ? S’est-elle un jour étendue de Dunkerque à Tamanrasset ? Comment est-elle perçue à Mexico, à Berlin, à New York ou à Tokyo ?
Toutes ces perceptions et ces questions ne manqueront pas d’être étudiées au cours des 3 jours de cette manifestation chère à tous les amateurs d’histoire.
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Superpouvoir
Pouvoir, le thème de la 36e édition du Festival international de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges affiche clairement une tonalité géopolitique. Il est vrai que l’actualité récente donne à voir un exercice totalement décomplexé de la puissance, de moins en moins soft et de plus en plus agressive. De l’Ukraine à Gaza ou au Soudan, en passant par la crispation des relations transatlantiques, les convulsions du monde contemporain sont nombreuses. Les 3 jours du festival ne seront pas de trop pour tenter d’analyser l’évolution des rapports entre les États et les rivalités ou tensions qui s’exercent à différentes échelles au cours des nombreuses conférences, tables rondes ou ateliers.
Ironie de l’actualité, le pays invité cette année, l’Indonésie, est marqué depuis cet été par une violente contestation du pouvoir politique du Parlement et du Président Prabowo Subianto.
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- Saint-Dié-des-Vosges, 3-5 octobre 2025
Le jeu des trônes
La géopolitique a le vent en poupe. La récente création d’une spécialité en classe de 1re et de Tle traduit l’importance de cette discipline dans la façon d’appréhender et de comprendre le monde. Pour autant, la géopolitique est une discipline protéiforme. Elle fait appel à d’autres sciences pour étudier la dimension spatiale des faits politiques : géographie bien sûr, mais aussi sciences politiques, économie, histoire, etc. Ce dictionnaire offre justement cette approche multiple, réunissant des auteurs issus de toutes ces disciplines. Alternant articles longs de plusieurs pages, notices ou courtes définitions, l’ouvrage entend rendre compte des multiples facettes de la géopolitique.
De nombreuses entrées composites permettent de croiser les approches : espaces (Sahel, Antarctique, Amazonie, Caraïbe…), entités politiques (États-Unis, Allemagne, Japon, Chine…), notions ou concepts chers à l’histoire, à la sociologie ou à la géographie (identité, émergence, interface, genre…). Près d’une centaine de cartes illustrent les articles pour donner une vision multiscalaire des jeux de pouvoir. De l’Indopacifique à Mourmansk, des territoires du cyberespace aux réseaux de la criminalité, de l’Empire ottoman au monde de Game of Thrones, elles offrent de multiples possibilités d’analyse et ou d’étude.
Varié, riche et parfois surprenant, ce petit dictionnaire ne devrait pas tarder à trouver sa place dans la bibliothèque de tous les enseignants et les lycéens de la spécialité HGGSP.
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- Stéphanie Beucher (direction)
- Annette Ciattoni (direction)
- Hatier
- 2021
- 576 p., 14,90 €
Cartes sur table
Après un excellent et fort riche Atlas historique mondial, paru en 2019, Christian Grataloup récidive avec un Atlas historique de la France paru voici quelques mois. En près de 375 cartes, le géographe spécialiste de géohistoire déroule le film d’une « fabrique » de la France en cinémascope.
Dans la lignée du XIXe siècle, l’auteur s’attache aux différents portraits géographiques du territoire français. Étudiant la véritable icône nationale que constitue la carte de France, telle celle de Vidal de la Blache ou celle du Tour de la France par deux enfants, l’auteur s’interroge sur le roman national.
Puis le cœur de l’ouvrage rassemble des cartes issues du fond de la revue L’Histoire, allant de la pré-France au planisphère de son insertion dans le monde de 2020. Jouant avec les échelles, l’auteur alterne les coups de projecteurs (les protestants du XVIIe au XVIIIe siècle, les expéditions militaires de Napoléon III, la France de l’affaire Dreyfus, etc.) et les grandes étapes (Charlemagne, Louis XI, la Renaissance, la Révolution, la Grande Guerre etc.). Certaine ont d’étranges résonances contemporaines, telles ces cartes de la peste à Marseille et en Provence en 1720. D’autres étonnent telle celle de la diversité des toitures au XVIIIe.
L’auteur s’intéresse enfin aux usages du passé. De la carte des chantiers archéologiques de l’INRAP à celles de la légende napoléonienne, des mémoires industrielles ou des grands écrivains, Christian Grataloup s’interroge sur la patrimonialisation à l’œuvre depuis quelques décennies et sur la « passion de l’histoire » censée animer les Français.
Véritable malle au trésor pour l’enseignant de collège ou de lycée, cet Atlas historique de la France constitue une somme cartographique à se procurer de toute urgence.
Informations
- Christian Grataloup
- Charlotte Becquart-Rousset
- Les Arènes/L’Histoire
- 2020
- 320 p., 24,90 €